D'où viennent mes bois...

 

La première chose que l'on a besoin quand on décide de fabriquer une guitare, c'est : DU BOIS. Il est si crucial d'avoir des bois de qualité que Frank Cheval a dit dans un livre sur les luthiers d'en France : « la réserve de bois d'un luthier c'est comme la cave d'un sommelier ».
J'ai commencé à stocker du bois en 89, quand je suis arrivé dans le Sud Ouest. A l'époque je fabriquais des guitares uniquement pour jouer, en amateur et occasionnellement. Je faisais surtout de l'ébénisterie : rénovation et fabrication de meuble. Pour cela il me fallait beaucoup plus de bois que pour la lutherie. Mais chaque fois que j'achetais ou que je trouvais un arbre, en faisant mes débits il y avait toujours un œil branché sur  les planches sur quartier et pour peu qu'elles aient des ondes, de la maille, de la ronce ou de la loupe elles étaient détournées pour la lutherie.
Aujourd'hui j'ai de la chance d'avoir de la place et plusieurs lieux de stockage. Un premier auvent qui est aux grands vents mais à l'abri de la pluie, pour le gros, le lourd. Un deuxième dans un grand grenier pour les pré-débits qui ont besoin de sécher lentement, sans heurt, sans changement brutal de température, d'hygrométrie. Enfin un troisième dans un petit grenier à l'abri des UV avec une ventilation spécifique qui pompe un drôle de gaz ... (je n'en dirai pas plus là dessus, car j'ai mes petits secrets). Dans ce dernier lieu il n'y a que mes tables d'harmonie et mes fonds éclisses.
En bois exotiques, je suis tributaire des négociants. Là encore j'ai de la chance car si vous achetez des touches en ébène chez Kauffer, c'est quasiment certain que ce soit un fût qui vienne de chez Faber à Castelculier près d'Agen. Faber livre toute l'Europe. Si vous passez près d'Agen et que vous aimez les bois précieux, rendez-lui visite, c'est la caverne d'Ali Baba. Pour ma part, quand je rentre dans ses hangars, je peux y rester des heures à fouiller et remuer les planches, j'ai les mirettes en ébullition
Ce stock de bois que je me suis constitué depuis des années me permet aujourd'hui de fabriquer des guitares de qualité honorable qui laissent les essences utilisées s'exprimer tant esthétiquement que du point de vue du son. Comme dit si bien Daniel Oger (que je salue au passage): "Pour l'esthétique, bien souvent le bois se suffit à lui même, pas besoin de  rajouter des nacres partout".
Ma production est très personnalisée et j'évite, dans la mesure du possible de copier les étatsuniens ainsi que les autres luthiers français.



13/05/2008
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