Récit de notre périple à Winnezeel juin 2009

 

Jeudi 4 juin 17 heures, c'est la panique dans l'atelier du Bouet : le paravent avec les affiches est peint, mais pas assemblé, la Fou Ego est encore en phase de polissage… Voilà que le renfort arrive, Fred et Dédé s'occupent d'assembler le paravent et d'y coller les affiches, je fais le branchement des micros et des potentiomètres sur la Fou Ego. Autour de 20 heures j'en suis à la phase d'ajustement du sillet de tête en os et bien entendu, stress aidant, le logement du mi grave est usiné trop profond et la corde frise à vide : j'abandonne, la Fou Ego ne viendra pas à Winnezeel.

Dédé n'est pas d'accord : emmène-là, même s'il n'y a pas les cordes, juste pour montrer son look déjanté qui cadre bien avec le thème du festival. Bon, OK, je l'emmène !

 

Vendredi 5 juin 6h45, le Berlingot plein à craqué remonte l'impasse du Bouet, direction le grand chnord. Je récupère Dédé à Dunes, il prend les commandes et c'est parti. Vu les retards accumulés dans ma préparation, je n'avais pas eu le temps de m'occuper de l'itinéraire, mais il faut dire que mon accompagnateur a une réputation d'organisateur hors paire et je ne me faisait aucun soucis. C'est ainsi, qu'autour de midi, je fus fort surpris de voir La Motte Beuvron sur un panneau autoroutier : Mais y a ma marraine qui habite là ! il était 11h 45. Je cherche son téléphone dans mon agenda et en trois minute nous voilà inviter à partager leur repas. A 12h 08 nous étions au lieu dit Plaisance dans les bras de mon tonton  Claude et de tata Jeanne. Je les remercie encore de nous avoir si bien accueilli dans l'improvisation. 

Repus, nous reprenons la route vers Paris où je dois récupérer la Rico Bass chez Rico. En effet Rico avec sa légendaire gentillesse à bien voulu me la prêter pour le festival, je l'en remercie au passage. Nous découvrons donc le bonheur des embouteillages parisiens, on se dépèche de récupérer le Rico Bass et filons rapidement vers le Ch'nord. Après avoir parcouru 1000 km nous trouvons, grâce à la technologie moderne de notre GPS, le village de Winnezeel que l'on prononce « oui n'zaile ».

Déjà nous sommes surpris de ne voir aucune affichette sur les poteaux en bord de route dans les environs et dans le village. Deux jeunes désœuvrés papotent sur le bord d'un trottoir :

 « - bonjour, savez-vous où est la salle du festival de lutherie déjanté qui se déroule demain et après demain dans le village ? 

-         festival de quo-a ? …. Non, ça nous dit rien !, voyez à la mairie, y a une salle, c'est la première à gauche. 

-         Merci les gars ! »

Arrivé sur la place de la mairie, on découvre une petite salle des fêtes arborant une belle affiche du festival, on est à nouveau surpris par la taille plutôt réduite de la salle…

J'appelle Pierre, l'un des organisateur sur son portable et 3 minutes plus tard, le voilà. Il nous explique qu'il y a 3 salles un peu dispatchées dans le village, ce qui nous rassure car je ne voyais vraiment pas comment faire rentre 30 exposants là dedans ? Pierre nous montre notre emplacement et on s'installe. Vers 20h30 notre stand est prêt. Pierre invite les exposants déjà sur place à le suivre vers le camping du village où il y a une friterie. Le tenancier nous a semblé un peu débordé et surpris par le nombre d'arrivants qui se pointe en même temps dans son petit commerce, ainsi, nous attendîmes 2 heures avant de pouvoir nous restauré et faire taire nos estomacs qui jouaient de magnifiques borborygmes en batant la mesure. Dédé jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y reprendrait plus, d'autant que le seul et unique verre de vin qui nous fût servi, il n'aurait pas fallu le verser sur nos chaussures sous peine de les trouer… mais ce qui nous inquiétait le plus c'était le gîte. J'avais réservé au camping des roses à Esquelbecq et le GPS ne connaissait pas le nom de la rue, j'avais peur que notre hôte soit couché et ne puisse nous guider. Effectivement, la nuit dans la campagne nordique nous nous sommes perdu et, fort heureusement, le brave homme a veillé pour nous accueillir et il nous a remis sur la bonne voie. 23h30, enfin au gîte ! Sacrée journée !

 

Samedi 6 juin, nous nous pointons à la salle de la mairie à 9 heures. Nous faisons la connaissance de Claude Bertrand de Bordeaux, déjà installé, il fabrique des dulcitares qui sonnent d'enfer. Puis Rico qui fait des guitares tournées à deux lobes, Pierre Gordeef le Nantais et le plus déjanté de la bande, Rodolphe Robles et son vélophone, et enfin, les plus classiques Benoît de Bretagne, Richard Baudry et Daniel Oger. Le contact avec Daniel a été très sincère et chaleureux, c'est vraiment un type bien. Richard et Benoît ont tendance à s'éviter l'un l'autre, mais ce sont des professionnels d'un tel niveau… Benoît de Bretagne était un peu moins bien placé que nous et se trouvait en face d'un gadjetman qui faisait jouer les curieux nstruments à longueur de journée. Cela à eu don de l'agacer.

Nous avons aussi rencontré Patrick et son fils qui viennent de créer Délirium Custom Guitars. Ils sont vraiment très sympathiques tous les deux, intéressants et pleins d'idées, leurs grattes sont uniques, faites avec les matériaux modernes, alu, stratifié de l'aéronautique, multiplies au bambou, revêtement kevlar… Ce qui ne gâte rien, elles ont un jeu très confortable et un son irréprochable, surprenant, nouveau, j'ai été impressionné par leur production et leur entrevois un grand avenir !

Pour ma part, j'avais 8 instruments. Deux d'entre eux m'ayant été prêtés par Dominique et Rico, il s'agit de la Favino 455 et le la Rico Bass copie d'EB2D. En suite j'avais apporté deux manouches dont celle qui a l'ouïe sur l'éclisse. Deux Les Paul avec table en Peuplier dont l'une avait été équipé de micros TV Jones juste avant le festival. Et enfin, la Fou Ego, sans les cordes !

Les deux Les Paul et la Rico Bass sont les instruments qui ont eu le plus de succès, j'attends même deux confirmations de commande pour chacun de ces modèles. La Fou Ego attirait surtout le regard des jeunes, bien entendu, sans les cordes il était difficile de la faire essayer et c'est bien dommage car j'en attends beaucoup du point de vue du son, justement. Pour finir, il n'y a eu qu'un seul manouche de passage au festival et un manouche tout seul ça ne peu pas faire la pompe et le solo, donc… choux blanc pour les manouches, même si la Favino et la sans bouche ont été regardées sous tous les angles avec des félicitations agréables pour la rénovation de Favino même venant des exposants.

Vers 14 heures nous avions le droit à un plateau repas type aviation. Le matin, on nous avait aussi donné 4 tickets de boisson (pour Dédé et moi), nous avions cru que c'était pour la journée…Dédé a été réclamer un verre de vin pour faire descendre les infamies du plateau, mais il est revenu bredouille et fort contrarié : « z'ont pas d'vin ??? ils paraît qu'on mange à la bière dans c'pays ! Mille Diou, sont pas civilisés!».

L'après midi plusieurs groupes et musiciens se sont produits sur la petite scène de la salle, le son était hors limite et a fait fuir les visiteurs qui ne pouvaient pas essayer les instruments. Je pense que c'est l'un des gros point faible de l'organisation de ce festival, auquel j'ajouterai, la problématique des salles éclatées et la piteuse restauration offerte aux exposants. Tout ce bruit a réveillé les acouphènes de Dédé et le mal de crâne pour mézigue. C'est donc fatigués et mal en point que nous quittons Winnezeel vers 19 heures.

Bon, là ça devient sérieux, c'est la finale du championnat de France de rugby, Clermont Ferrant / Perpignan  et pour Dédé, c'est sacré, crucial, vital, viscéral, faut trouver un restaurant avec la télé… ou il tue le chien (du camping). On a fait 3 brasseries et un restaurant, entre Esquelbecq et Wormhout et : pas de télé ! Finalement on a atterris dans un Kébab Turc qui a bien voulu passer de TF1 à Antenne 2 sous réserve qu'on prenne le menu surprise. Aucun regret, c'était fabuleux, et même le vin Truc nous a ravis.

Couché à 23h30 : dure journée, encore ! Clermont à encore perdu... Rêvait Dédé àhaute voix

 

Le matin du 7 juin nous nous pointons à la salle de la mairie à la même heure que la veille, mais il est bien plus encombré. Hé oui ! les élections ! Claude est déjà là, il a dormi dans son automobile en pleine campagne, un vrai baba cool ce Claude ! Je donne une petite leçon d'accordage de guitare à Dédé, ça y est, mon chauffeur, garde du corps et régisseur vient de passer son brevet de back liner. J'ai peur que son tarif augmente pour les prochains festivals !

Benoît de Bretagne, certainement déçu par le bruit des « musiciens » de la veille et vraiment très agacé par le gadjetman, ne c'est pas représenté le dimanche. Daniel Oger en a profité pour prendre sa place qui était moins dans l'axe de la scène.

Vers 13h30, on reçoit à nouveau notre plateau aviation, un peu meilleur que samedi. Dédé refait une tentative auprès de « gentille chanteuse » pour avoir du vin : toujours rien. Et comme nous n'avions plus de tickets fallait payer les bières !!! « ça frise l'indécence ! », se plaint Dédé que je rejoins volontiers car si le vin manquait le samedi midi, il aurait très bien pu ne pas manquer le dimanche, il ne s'agit que de petits détails organisationnel, non ? Les gens du nord sont très accueillants, gentils, communicatifs, accessibles, mais ils ont un grand défaut, ils s'imaginent que partout en France on mange en buvant de la bière.

Et nos déboires n'allaient pas s'arrêter là : un groupe de rock dur c'est installé vers 15h30. Outre le fait qu'ils nous ont massacré les tympans, ils nous ont fait perdre 1h30 de discussion avec les visiteurs qui fuyaient tellement c'était fort. J'espère que Pierre aura tiré les conclusions qui s'imposent, s'il récidive l'année prochaine il faut impérativement faire jouer les groupes à l'extérieur sous chapiteau, sinon c'est pas vivable et c'est certain que j'y reviens pas ! Je dis tout ça sans porter de jugement sur la prestation des musiciens du groupe, car ils étaient très bon, mais c'était pas le lieu, c'est tout !

Vers 19h ça c'est affolé un peu et plusieurs jeunes guitaristes voulaient jouer sur mes Les Paul, dont un jeune de 17 ans impressionnant de virtuosité. Il est monté sur la scène et c'est tapé le bœuf avec les musiciens de l'organisation. Comme le temps passait, que je courrais dans tous les sens car un autre jeune grattait sur l'autre Les Paul, Dédé, qui ne perd jamais le nord (surtout quand il y est) a commencé à replier le matériel : les rallonges, les prises multiples, le paravent, le petit outillage, mettre les guitares dans les étuis… Il oeuvrait, le Dédé. Il était 20h30 quand on a fait nos adieux à « gentille chanteuse, gentil bassiste, Pierre et les autres.

Nous avions prévu de manger au resto gastronomique de Esquelbecq : fermé. On nous conseille d'aller sur Berg, il y a plus de restaurants. Et 10 mn plus tard, nous voilà devant la poste où le fameux film aux 2 million d'entrées a été tourné. A peine descendu du Berlingot, un couple de jeune nous interpelle : « c'est là qu'ils ont tourné les scènes qui se déroulent dans la poste ! C'est dommage, on a oublié l'appareil photo ! » Dédé et son grand cœur, leur demande s'ils ont une adresse Email et comme ils répondent affirmativement, il leurs propose de les prendre devant la petite bâtisse et de leur faire parvenir les photos dans la semaine. Ce qui fût fait et qui fit deux heureux de plus sur la terre. Mais pendant ce temps les minutes s'égrainaient et quand nous nous sommes présenté dans le restaurant gastronomique : « à partir de 9h30, on ne sert plus, désolé ! ». Et c'est ainsi qu'on a atterris dans une pizzeria à Berg.

A peine rentré dans la dite pizzeria, la serveuse nous annonce qu'il ne servent plus de menu à partir de 21h30 et qu'on sera contraint de choisir uniquement des pizzas. Au fond de la salle il y avait un couple en train de siroter un pichet de vin rouge. C'était des allemands, Gisela et Bodo. Ils sont resté nous accompagner durant tous le repas et nous ont bien amusé avec leur français, somme tout plutôt correct, sauf quand Bodo entonne « un pt’it coin d’paraplouy cont un coin d’pahadi ». Bref on a passé une super soirée avec Gisela et Bodo. Mais les serveuses n’avaient qu’une hâte, c’était de nous voir sortir la carte bancaire…

Le lendemain, c’est le retour ! Un petit crochet à Béthune pour déposer le bonjoline à Charles et boire un café, vite fait. Puis on se repaye les affres le la banlieue parisienne pour restituer la Rico Bass en coup de vent et, enfin, se pointer chez Dominique pour la livraison de la Favino. Là nous sommes reçu comme des rois, avec le champagne, rien que ça ! Dominique examine la Favino sous tous ces angles, l’essaye et dit : « va falloir que je me mette au jazz manouche, maintenant ! »

A 14h direction Muides Sur Loire où Dédé à souhaité faire une halte chez Gérard et Thérèse. Il doit y récupérer du vin. On a roulé sous des tombes d’eau et Dédé me rassurait en conduisant : « de toute façon, c’est tout droit, ça risque rien ! » Malgré le va et vient ultra rapide des essuie-glace, je devinais à peine les feux de la voiture nous précédant. Puis, ça c’est calmé, aussi brutalement que c’était arrivé et vers 18 h, on se pointe chez les amis de Dédé, accueilli par Thérèse. Gérard c’est pointé un peu plus tard. Finalement, nous sommes invité pour le gîte et le couvert. Bien nourrit, bien arrosé, bien chanté, bien couché… Merci Thérèse et Gérard ! Dommage que tu ne m’ai pas laissé ta petite brésilienne, je te l’aurai retapé comme une neuve !

Le lendemain, après un copieux petit déjeuné, nous embrassons Thérèse et Gérard et, chargé de quelques carton de pinard, nous reprenons le chemin du retour.

La route fut longue, je somnolais vers 11 heures et j’ai refilé le guidon à Dédé. Entre Cahors et Valence d’Agen ce fut le calvaire, j’ai cru qu’on arriverait jamais… Mais Dédé a assuré une fois de plus, et vers 18 heures, on est enfin à Dunes.

J’ai passé de supers moments durant ce périple, mais je ne retournerais pas de sitôt faire une expo aussi lointaine…

Je remercie particulièrement, mon ami Dédé, car sa présence c’est avérée indispensable et chaleureuse. Merci beaucoup Dédé, et surtout, portes toi bien !



10/06/2009
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